(échos)

Enregistrés et (re)composés par
pali meursault
avec les sons de la vallée du Faï
et des artistes du festival Échos 2016 :
Bear Bones, Lay Low
Jean Bender
Pôm Bouvier B
Joaquim Brissaud
Clara De Asís & Laura Vazquez
Golem Mécanique
Homnimal
Piotr Kurek
Stephen O'Malley
Léo Maurel & Julien Desailly
Sourdure
Thomas Tilly
et une apparition de :
Insiden
L'association Dôme présente
(ÉCHOS) n'est ni un document sur un festival, ni une compilation, ni un album de remixs. Quoiqu'un peu de ces choses-là transpire des 15 morceaux qui composent le disque. Mais (ÉCHOS) est surtout une interprétation d'un lieu et d'un moment sonore, un essai électroacoustique alpin.

La proposition faite à pali meursault était à la fois claire et vague : enregistrer un lieu, le contexte du festival et la musique des 14 artistes invité.e.s, afin de recomposer une création originale. Pour se rassurer, une demande avait été adressée à tout.e.s : “acceptez-vous que les échos de votre musique soient capturés, re-visités, ré-appropriés, ré-interprétés, peut-être même trahis ?”

Si une telle chose était possible et avait du sens, c'était grâce au lieu : la vallée du Faï et les trompes géantes installées là 20 ans auparavant pour faire résonner la falaise en face. Invité l’année précédente, pali savait que jouer là, c'est se laisser déposséder (plus que d'habitude) des sons produits. C'est les entendre, presque les regarder se perdre dans la montagne et revenir transformés : quelques secondes d’échos et les sons appartiennent déjà à la vallée.

Le lieu était donc propice à écouter (et à capter) le musical avec l'environnemental, sans accorder plus de valeur à l'un qu'à l'autre. Sans distinction : enregistrer les sons construits et amplifiés avec l'acoustique du lieu (et ses fameux échos), avec le climat (le temps change vite en montagne, comme on sait), avec les présences animales (sauvages ou domestiques), avec la société (la vallée est habitée, surpeuplée le jour du festival) et à travers le filtre technologique (capteurs qui font parfois entendre au-delà de l'oreille, mais aussi leurs défauts, les accidents)… La liste n'est pas exhaustive.

La déconstruction et la réinterprétation ne sont jamais absentes de la prise de sons. Ni même de l'écoute, en fait : on découpe et on recompose sa perception dans le réel. Ici, cette idée est donc affirmée comme processus. Et la possibilité (celle offerte implicitement aux auditeurs/trices du
estival) de transformer la musique en temps réel par la marche et l'expérience du paysage, est définie comme méthode. La matière électro-acoustique qui compose (ÉCHOS) a été collectée de près, de loin, de très loin, sous l'eau, sur des surfaces résonantes, à travers le sol… Randonnée sonore aléatoire sur les chemins de la vallée pour trouver ce qui sonne, comment ça sonne, jusqu'où ça sonne.

Puis il y a eu le temps de la composition en studio, avec ses choix, ses astuces, ses recettes, ses essais et encore ses impasses. Mais ça n'est pas le plus intéressant : ça n'a servi qu'à faire germer ce qui était déjà contenu dans les enregistrements.
(ÉCHOS) is not a documentation about a festival, it is not a compilation or a remix album. And yet some of these things and more are infusing through the 15 tracks of the record. But mostly, (ÉCHOS) is the interpretation of a place and moment in sounds, an essay in alpine electroacoustics.

The proposal made to pali meursault was both very clear and a bit vague: recording a place, the context of a festival and the music made by 14 artists, in order to recompose an original creation. With, for reassurance, a formal request addressed to all: “would you agree to have your music captured, appropriated, revisited, re-interpreted, maybe even betrayed?”

If such a thing was possible and had any meaning at all, it would be because of the place: the valley of Faï and the giant horn speakers that had been set up there 20 years before to echo against the cliff on the other side. Invited the previous year, pali knew that playing there implied to let go of sounds (more than usual). To hear them - to almost look at them - disappear into the mountain and come back transformed: a few seconds' echo and already they belong to the valley.

So the place was appropriate for listening (and capturing) the music with the environment, without making one more important than the other. Recording, without distinction: man-made and amplified sounds together with the acoustics of the place (the famous echoes), with the climate (the weather changes swiftly at that altitude, you know), animal presences (wild and domesticated), society (the valley is inhabited, and overcrowded during the festival), all that through the filter of technology (some devices are interesting because they go beyond normal hearing, but also for their flaws, the accidents)… The list goes on.

Deconstruction and interpretation are always a part of sound recording. They are always part of listening, actually: our perception is cut out from reality and then recomposed. Here, such an idea is carried out as a working process. And the possibility (as implicitly offered to the audience of the festival) of transforming the music in real-time by walking and experiencing the landscape, is defined as a method. The electroacoustic sound matters that compose (ÉCHOS) were collected in proximity, from a distance, from very far away, underwater, off of resonant surfaces, through the ground… A chance hike along the paths of the valley looking for what sounds, what it sounds like, how far it would sound.

And then came the time for composing in the studio, with its decision-makings, tricks and recipes, attempts and dead-ends. But that is not so interesting: it was only about slowly growing what was already in the recordings.
Dôme LP001 - 12€
pali meursault est artiste sonore, compositeur et sound-designer. Né en 1977, il vit actuellement à Paris. Sa recherche électroacoustique prend différentes formes : compositions pour disques, créations radiophoniques, installations ou performances. L'enregistrement de terrain est central dans sa pratique, qui hérite de la musique concrète et explore l'environnement sonore. Depuis 15 ans, il promène ses micros dans des environnements urbains ou industriels, sur des glaciers alpins ou dans la forêt amazonienne. Ses derniers travaux portent sur des environnements industriels et des lieux d'activité laborieuse, font se rencontrer chants d'insectes et champs électromagnétiques, ou révèlent l'environnement sonore caché de datacenters.
Il est également impliqué dans de nombreuses collaborations, avec d'autres musiciens comme Lee Patterson et Frédéric Nogray, avec des performers ou des cinéastes. En parallèle à ces activités, il enseigne les arts sonores ou écrit sur la musique électroacoustique, les cultures sonores et le radioart. Depuis 2002 il dirige le label Universinternational.
http://www.palimeursault.net
pali meursault is a sound artist, composer and sound designer. Born in 1977, he currently lives in Paris. His electroacoustic and sound art research takes different shapes: compositions for records, radio works, installations or performances. Environmental sound recording is central in his work, which takes from Musique Concrète and the sonic exploration of soundscapes. For 15 years he has been taking his microphones out in urban environments, industrial places, on alpine glaciers or in the Amazon forest. Some of his last works focus on workplaces and industrial environments, brings together insects sounds and magnetic fields or explore the hidden soundscapes of datacenters.
He is also involved in many collaborative projects, with other musicians like Lee Patterson and Frédéric Nogray, performance artists and filmmakers. On the side of these activities, he is also teaching sound arts or writing about electroacoustic music, sonic cultures and radioart. Since 2002, he runs the label Universinternational.
PRÉCOMMANDE :
(+ frais de port 6€ en FR)
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contact@festivalechos.fr
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